Ce carnet s’adresse aux seules personnes majeures, dix-huit ans révolus.

Carnet d’adresses

Tel rose : notre avis sur 39 sites, hôtesses comprises

Ce site donne son avis sur trente-neuf adresses pour adultes : des lignes de conversation, des répertoires, des blogs, des catalogues. Nous ne les avons pas appelées. Nous avons lu ce qu'elles publient, et nous disons ce que cette lecture permet de conclure — ni plus, ni moins.

4 rubriques · une page par adresse

Une précision d'emblée, puisque la recherche qui mène ici porte souvent sur les hôtesses : nous parlons des personnes qui décrochent uniquement à travers ce que les pages en disent. Aucune n'a été contactée, aucun témoignage n'a été recueilli, et nous expliquons plus bas pourquoi nous nous y refusons.

Ce que nous entendons par notre avis

Un avis, sous notre plume, est une conclusion tirée de pièces que le lecteur peut examiner lui-même. Nous ouvrons une page, nous relevons ce qu'elle écrit, nous notons ce qu'elle omet, et nous disons ce que l'ensemble vaut pour quelqu'un qui envisage de composer un numéro.

Ce que nous ne faisons pas mérite d'être dit aussi clairement. Nous ne jugeons pas la qualité d'une conversation, qui ne s'évalue pas depuis un écran. Nous ne jugeons pas les goûts, les registres ou les thèmes choisis. Nous ne prétendons pas savoir ce qui se passe au bout du fil, et toute page qui le prétendrait sur la base d'une lecture mentirait.

Ce qui reste est plus étroit et entièrement vérifiable : un site qui écrit son prix s'expose à un relevé d'opérateur, un site qui annonce un horaire s'expose à un appel sans réponse. Nous appelons sérieux la quantité d'affirmations qu'un éditeur accepte de rendre contestables, et c'est cette grandeur que nos trente-neuf fiches mesurent.

La distinction se comprend mieux par l'exemple inverse. Une page qui se contente d'adjectifs — discrète, immédiate, sans engagement — ne prend aucun risque : rien de ce qu'elle affirme ne peut être pris en défaut, donc rien ne mérite d'être cru. Une page qui écrit un montant à la minute peut être démentie par une facture. La première nous paraît toujours plus faible que la seconde, même quand elle est mieux écrite.

Cette méthode a une conséquence que nous assumons : elle avantage les sites bavards sur les faits et désavantage les sites agréables. Nous préférons ce biais à l'inverse, parce qu'un lecteur qui décide d'engager une dépense a besoin de faits, pas d'atmosphère.

Les quatre repères que nous cherchons

Après trente-neuf lectures, quatre renseignements se sont détachés. Aucun site de ce relevé ne les réunit tous, et chacun en omet un différent.

Le prix

Deux adresses seulement chiffrent ce qu'elles prennent, sur onze lignes de conversation. L'une va jusqu'à publier deux tarifs distincts selon la voie d'accès, ce qui autorise un vrai calcul avant d'appeler ; une autre rappelle que le prix de la communication s'ajoute au montant affiché, précision sans laquelle un tarif passe pour un total.

Quand le prix manque, il reste un substitut : la tranche du numéro composé indique un ordre de grandeur. C'est grossier, et c'est mieux que rien.

Trois formules coexistent par ailleurs, et elles ne se comparent pas directement. La facturation à la minute punit la durée, si bien que l'appelant surveille l'heure au lieu d'écouter. La facturation à la communication entière produit l'effet inverse : l'appel bref y coûte davantage, l'appel long beaucoup moins, et le point de bascule dépend d'une durée que personne ne connaît d'avance. Le forfait acheté à l'avance, enfin, est la seule formule qui plafonne réellement la dépense, et il suppose un compte. Chacune convient à un usage différent, et une seule chose est commune aux trois : elles ne se choisissent que si le site les écrit.

L'horaire

Plus souvent absent qu'on ne l'imagine, et plus gênant que l'absence de prix. Le tarif s'approche par déduction ; les heures de réponse, non — aucune donnée extérieure ne les renseigne, et la seule méthode consiste à appeler, ce qui est payant.

Nous préférons systématiquement une amplitude annoncée et limitée à une permanence proclamée. La première avoue ses heures mortes, la seconde garantit l'invraisemblable.

Un cas de ce relevé illustre le poids de ce repère. Une adresse y écrit tout — son tarif à la minute, ses forfaits détaillés, jusqu'à une page disant qui l'édite — et n'indique nulle part quand quelqu'un décroche. C'est le seul renseignement qui lui manque, et c'est celui que son lecteur ne peut se procurer autrement qu'en payant un premier appel.

Le recours

Ce qu'un site offre à quelqu'un qui veut faire retirer un contenu ou signaler une erreur. Les trois catalogues de vidéos de ce relevé se distinguent précisément là : l'un ne publie qu'une procédure formelle sans aucune adresse pour écrire, un autre affiche une adresse postale, le troisième réunit l'ensemble.

Une adresse où une lettre arrive est la chose la plus difficile à publier et la plus facile à contrôler depuis l'extérieur. C'est pour cela qu'elle pèse autant dans nos notes.

Nous insistons sur ce repère parce qu'il est le seul dont l'utilité ne concerne pas l'acheteur. Un prix protège celui qui paie ; une voie de recours protège quelqu'un qui n'a peut-être jamais visité le site — la personne qui se découvre dans une séquence qu'elle n'a pas consentie, ou celle qui veut faire retirer une annonce déposée des années plus tôt. Quatre sites de ce relevé n'offrent aucun moyen d'écrire à qui que ce soit, et c'est le manque le plus répandu que nos lectures ont fait apparaître.

Une procédure formelle ne remplace pas une adresse. Elle suppose de savoir qu'elle existe, de connaître le vocabulaire attendu et d'accepter un cadre ; une simple adresse ne demande qu'une phrase.

L'identité de l'éditeur

Un seul site de ce relevé consacre une page à dire qui le fait tourner. Nous n'avons pas les moyens de contrôler ce qu'il y écrit, et nous relevons qu'un éditeur nommé devient contestable là où un éditeur anonyme ne l'est jamais.

Plusieurs adresses présentent le cas inverse : une signature qui revendique une expérience vécue sans que rien ne l'atteste. Nous appliquons alors une épreuve simple — retirer le nom et voir ce que le texte perd. Quand il ne perd rien, la signature n'apportait qu'une caution, et une caution invérifiable ajoute un risque sans rien donner au lecteur.

Ce que nous ne publions jamais

Aucun témoignage ne figure sur ce site, et c'est vérifiable page par page. Nous écrivons ce que nous avons lu sur les pages des services, jamais ce qu'on nous aurait rapporté.

La raison est de méthode. Un témoignage invérifiable ne renseigne ni le lecteur, qui ne sait pas d'où il vient, ni l'éditeur, qui ne peut rien en garantir ; et il fragilise tout le reste du site si une seule contribution se révèle douteuse. Nous perdons en chaleur ce que nous gagnons en contrôlabilité, et nous avons choisi cet échange.

Nous ne publions pas davantage de chiffre que nous n'aurions pas relevé nous-mêmes. Quand un site annonce un nombre — un volume de vidéos, un nombre d'établissements, une rémunération — nous le citons comme une déclaration de cet éditeur, en disant qu'il s'agit d'une déclaration. Un répertoire de ce relevé publie trois comptages qui se recoupent par addition ; c'est le seul endroit où un lecteur peut contrôler un nombre sans quitter la page, et nous le signalons pour cette raison.

Nous ne complétons pas non plus les manques par des suppositions. Quand une page ne dit pas ce qu'elle facture, nous écrivons qu'elle ne le dit pas ; nous n'avançons pas un montant probable. Quand une signature invoque une expérience, nous écrivons qu'elle l'invoque et que rien ne l'atteste ; nous ne concluons ni qu'elle est vraie, ni qu'elle est fausse. Cette retenue rend certaines de nos fiches moins tranchantes qu'un lecteur ne le souhaiterait, et elle est la condition pour que les affirmations qui y figurent tiennent.

Qui décroche, et ce que cela change

Ce que le métier suppose

Une seule adresse de ce relevé s'adresse à celle qui répond plutôt qu'à celui qui appelle, et elle décrit le travail concrètement : ce qui se dit, ce qui se refuse, comment les créneaux se choisissent, sur quelle base la rétribution est calculée.

Nous en tirons ce qui se tient sans chiffre. La rémunération y est annoncée à la part, donc liée au volume d'appels et non à une présence ; les créneaux sont choisis ; la candidature passe par un simple courriel, sans liste d'attentes ni délai de réponse indiqué. Deux questions restent ouvertes sur cette page, et ce sont celles qui décident du revenu réel : ce qu'une plage sans appel produit, et sous quel délai une candidature obtient une réponse.

Ce qu'une page de prestation ne dit jamais

Les onze lignes de ce relevé présentent des interlocutrices par un prénom d'usage, un registre, parfois un âge annoncé. Rien de tout cela ne s'atteste, et plusieurs sites y ajoutent des portraits produits par un générateur d'images, ce qu'ils ne dissimulent pas.

Nous n'y voyons pas une tromperie, puisque c'est assumé ; nous y voyons une contradiction. Plus une fiche décrit finement quelqu'un, plus l'illustration qui l'accompagne devrait pouvoir se rapporter à cette personne. Quand elle ne peut pas, c'est précisément ce que le site a de meilleur qui s'en trouve affaibli.

Comment lire nos notes

Notre échelle mesure ce qu'un appelant obtient, et rien d'autre. Cela produit un effet qu'il vaut mieux annoncer : les pages les mieux écrites de ce relevé appartiennent parfois aux entrées les moins notées.

Un blog gratuit qui explique un sujet mieux que personne obtient une note basse, parce qu'on n'en obtient qu'une lecture. Une boutique qui affiche ses prix obtient une note haute, parce que tout ce qui engage de l'argent y est écrit — et parce que sa catégorie rend la preuve moins coûteuse qu'ailleurs. Une note ne compare donc utilement que des entrées de même nature, et nos fiches disent à chaque fois sur quoi la leur repose.

Deux conséquences en découlent, que nous préférons énoncer plutôt que laisser deviner. La première est qu'une note haute ne récompense pas le même mérite selon la rubrique : une boutique a besoin d'écrire un prix et un délai, une ligne de conversation doit rendre contestable quelque chose qui ne se voit pas. La seconde est qu'un site peut être excellent et mal noté ici, et nos fiches le disent explicitement quand c'est le cas, au lieu de laisser la note parler seule.

Ce que les trente-neuf lectures ont montré

Trois sites de ce relevé enseignent quelque chose qui sert partout ailleurs. Le premier explique comment se lit un préfixe de numéro, compétence qui vaut pour n'importe quelle ligne rencontrée hors de ce site. Le deuxième raconte l'histoire du secteur, et cette filiation explique pourquoi ces numéros se facturent par l'opérateur plutôt que par carte. Le troisième consacre une page aux lignes non majorées, c'est-à-dire à l'option la moins rentable pour le marché dont il parle.

Un quatrième désigne l'organisme public qui publie les tarifs de tous les numéros du pays. C'est le seul contrôle réellement indépendant que ce relevé permette, et il se trouve sur une page qui, deux paragraphes plus loin, qualifie de gratuit un numéro majoré. L'exemple résume ce marché mieux que n'importe quel commentaire.

Les quatre rubriques de ce site

Les lignes de conversation d'abord, onze adresses, toutes vocales : aucune ne transmet d'image, et la page de la rubrique explique pourquoi. Les répertoires ensuite, dix adresses, dont la page de rubrique traite une question technique voisine : pourquoi l'accès à ce genre de site se ferme parfois, et comment reconnaître la cause.

Les blogs en troisième, neuf adresses dont deux seulement publient des récits ; les sept autres expliquent, comparent ou recrutent, et trois d'entre eux servent à lire le reste de ce site. Les contenus gratuits enfin, neuf adresses, où se trouvent les deux guides qui font réellement baisser la dépense de toutes les autres, ainsi que le texte qui explique pourquoi une voix se retire quand une image diffusée ne se reprend pas.

Chaque page de rubrique traite une question distincte plutôt que de répéter la liste de ses entrées, et chacune dit ce que les fiches réunies ont montré en commun.

Ce que nous regarderons la prochaine fois

Le nombre de lignes qui écrivent leur tarif, aujourd'hui de deux sur onze, est l'indicateur que nous suivrons en premier. Puis le nombre de sites qui ouvrent une page de contact, manque le plus répandu de ce relevé. Et la présence des deux pages qui desservent le marché qu'elles décrivent, celle sur les numéros non majorés et celle sur l'irréversibilité d'une image diffusée.

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Les rubriques du carnet

Chaque rubrique rassemble ses adresses, une page pour chacune.

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